Églantine Gall

Illustration jeunesse : albums, presse et supports éducatifs

Une image jeunesse se lit avant les mots. J’aime les illustrations où plusieurs histoires se racontent en même temps, avec des personnages expressifs et des détails qu’on découvre en y revenant. C’est ce que je cherche dans Pérégrination, un projet personnel entre BD et illustration.

Page mise à jour en septembre 2026

À partir de
4 200pour un album de 32 pages
Délai
3 à 4 mois pour un album de 32 pagesUne histoire de presse jeunesse se boucle en trois semaines, avec majoration. Un album ne se comprime pas sous dix semaines : les personnages ont besoin de plusieurs allers-retours.
Droits cédés
La cession se négocie par usage : langue, territoire, durée, nombre de tirages et droits dérivés comme la traduction ou l’édition poche. La presse jeunesse relève d’une cession limitée à la parution. Quand l’album naît sur papier, aquarelle et crayons de couleur, les originaux restent ma propriété.

Quels projets jeunesse j’illustre

Album illustré pour un éditeur jeunesse

Un texte d’auteur arrive, court, rarement accompagné d’indications d’images. Je regarde d’abord ce que publient la maison et le rayon sur le même thème, pour que l’album s’en distingue, puis j’en tire un découpage, des personnages et une palette. Le format courant reste l’album de 32 pages, dont vingt-quatre à vingt-huit illustrées.

Presse jeunesse et magazines par abonnement

Les revues pour enfants publient histoires courtes et feuilletons sur des bouclages annoncés des mois à l’avance. J’illustre quatre à huit pages sur le gabarit de la revue, avec des personnages expressifs qui restent lisibles en petit.

Supports éducatifs et médiation culturelle

Musées, médiathèques, parcs naturels et collectivités éditent des livrets de visite et des cahiers d’activités pour les scolaires. J’ajuste le détail à la tranche d’âge, et quand le support parle d’un lieu, je le dessine tel qu’on le reconnaît, comme l’église et la campagne de Marcillé sur mes affiches pour La Pampa.

Couverture et intérieurs d’un roman jeunesse

Un roman pour les 8 à 12 ans se choisit par sa couverture et se lit grâce à ses images intérieures. Je dessine la première, le dos et une dizaine d’illustrations en bichromie qui aèrent le texte, dans la collection sans s’y confondre.

Ce que je ne prends pas

  • L’écriture du texte : j’illustre un manuscrit ou un synopsis abouti, je ne rédige pas l’histoire.
  • Le dessin animé et le storyboard de série : mes animations se limitent à de courts formats verticaux pour les réseaux.
  • La déclinaison de personnages sous licence déjà dessinés par quelqu’un d’autre.
  • Un album complet rendu en quelques semaines au tarif d’une banque d’images.

Ce que reçoit l’éditeur, du personnage au fichier d’impression

Livrables, formats de fichier et usage prévu
LivrableFormatUsage
Moodboard et note d’intentionPDF, références et palette pressentiePose l’ambiance, la lumière et la tranche d’âge avant le premier personnage.
Feuilles de personnagesPDF, une planche par personnageRéférence commune à l’éditeur, au maquettiste et à moi jusqu’au bon à tirer.
Chemin de ferPDF en doubles pages, à l’échelleFixe le découpage du texte, le rythme et le contenu de chaque double page.
Crayonnés completsPDF basse définition annotablePermettent une relecture d’ensemble avant la couleur, quand corriger coûte encore une heure.
Planches finalesTIFF CMJN 300 dpi, fond perdu 5 mmAquarelles numérisées ou fichiers Photoshop, calibrés et prêts pour la maquette de l’éditeur.
Couverture et mises en situationGabarit imprimeur sous InDesign, JPEG RVBPremière, quatrième, dos et rabats montés, puis le livre présenté sur maquettes pour la promotion.

Les droits cédés

La cession se négocie par usage : langue, territoire, durée, nombre de tirages et droits dérivés comme la traduction ou l’édition poche. La presse jeunesse relève d’une cession limitée à la parution. Quand l’album naît sur papier, aquarelle et crayons de couleur, les originaux restent ma propriété.

De la lecture du manuscrit aux fichiers d’impression

  1. Manuscrit et albums voisins

    Je lis le texte à voix haute, plusieurs fois, puis je regarde la collection et les albums voisins en librairie.

    • Repérage des passages qui appellent une image et de ceux qui se suffisent : l’image ne redit jamais la phrase.
    • Analyse des albums sur le même thème, comme avant une affiche ou un logo : ce qui s’y répète, le vôtre l’évite.
    • Moodboard et note écrite : ambiance, lumière, palette pressentie, tranche d’âge arrêtée avec l’éditeur.
    Durée
    1 semaine
    De votre côté
    Texte définitif, pagination pressentie, titres de la collection
    Vous recevez
    Moodboard, note d’intention et hypothèse de découpage
  2. Personnages et palette

    Je cherche le héros au trait sur la tablette, puis chaque personnage se fige sur une planche : de face, de profil, en mouvement.

    • Trois pistes par personnage principal, une seule pour les secondaires, avec les tailles comparées sur une même planche.
    • Visages simplifiés comme les caricatures des cartes « Super retraités » : garder le caractère, retirer le reste.
    • Palette en parallèle : une dominante, une complémentaire pour guider le regard, des tons doux pour respirer.
    Durée
    2 à 3 semaines
    De votre côté
    Retours de l’éditeur groupés en une fois
    Vous recevez
    Feuilles de personnages et palette validées
  3. Chemin de fer

    Je découpe l’album en vignettes, page par page, texte à sa place. Le rythme se décide là, et les respirations manquantes apparaissent.

    • Chaque double page se construit sur la grille de mes affiches, médianes et quarts : elle place le regard et garde le pli libre.
    • Alternance des plans, des pleines pages et des vignettes, avec un personnage qui déborde parfois du cadre pour relancer la lecture.
    Durée
    2 semaines
    De votre côté
    Validation écrite du découpage, page par page
    Vous recevez
    Chemin de fer complet, à l’échelle
  4. Crayonnés et couleur

    Je crayonne toutes les doubles pages, puis je passe à la couleur dans la technique choisie au départ. Un point d’étape à la moitié évite de découvrir un problème à la page vingt-huit.

    • Les crayonnés partent en une seule fois, pour être relus d’un bloc avant la couleur.
    • Réalisation par blocs de quatre à six doubles pages, envoyés au fur et à mesure pour que la palette ne dérive pas.
    Durée
    7 à 9 semaines
    De votre côté
    Un aller-retour de corrections sur les crayonnés
    Vous recevez
    Planches finales en CMJN, nettoyées et calibrées
  5. Fabrication

    Je monte les planches sur le gabarit de l’imprimeur sous InDesign, couverture comprise, et je relis les épreuves. Des couleurs vives se contrôlent sur papier, jamais à l’écran.

    • Report du fond perdu, du dos calculé selon l’épaisseur du papier et des rabats, avec les repères de coupe.
    • Lecture du BAT couleur et ajustement des orangés et des bleus saturés, qui perdent le plus d’éclat en CMJN.
    Durée
    2 semaines
    De votre côté
    Gabarit de l’imprimeur et calendrier de fabrication
    Vous recevez
    Fichiers d’impression et mises en situation

Combien coûte l’illustration d’un album jeunesse

Ce que le prix comprend

  • La lecture du manuscrit, l’analyse des albums voisins et le moodboard
  • Les feuilles de personnages et la palette de l’album
  • Le chemin de fer complet et les crayonnés de toutes les doubles pages
  • Les planches finales en couleur, préparées pour l’imprimeur
  • Un aller-retour de corrections sur les crayonnés, puis la relecture du BAT

Ce qui le fait varier

Facteurs qui font varier le prix et leur effet
FacteurEffet sur le devis
PaginationUn 40 pages ou un grand format à l’italienne coûte plus qu’un 32 pages, à densité égale.
Densité des imagesVingt-huit pleines pages ne demandent pas le même travail que des vignettes sur fond blanc.
Personnages récurrentsChaque personnage qui revient ajoute une feuille de référence et se redessine sur toutes les planches.
Étendue de la cessionTraductions, édition poche, produits dérivés et durée longue relèvent le montant ou passent en droits d’auteur.
CalendrierUn album à rendre entre dix semaines et trois mois déplace mes autres commandes et se majore.

Trois exemples de budget

  1. 800 à 1 200 €Magazine jeunesse mensuel pour les 3 à 6 ans, une histoire courte, parution unique en France.Quatre pages sur la maquette de la revue, deux personnages, crayonnés puis mise en couleur, fichiers au gabarit du magazine.
  2. 4 200 à 6 500 €Album de 32 pages chez un éditeur jeunesse, à partir d’un texte d’auteur déjà retenu.Feuilles de personnages, chemin de fer, treize doubles pages illustrées, couverture montée sur gabarit, suivi du BAT, cession en langue française.
  3. 2 200 à 3 000 €Roman jeunesse publié dans une collection existante, pour les 8 à 12 ans.Couverture avec dos et rabats, dix illustrations intérieures en bichromie, une feuille de personnage pour le héros, cohérence tenue avec la collection.

Pérégrination, un récit personnel entre BD et illustration

Illustration jeunesse ou illustration éditoriale

Une illustration éditoriale répond une fois à un texte. Un album demande de tenir un personnage expressif sur treize doubles pages et de penser à celui qui tourne la page.

Comparaison entre Illustration jeunesse et Illustration éditoriale
CritèreIllustration jeunesseIllustration éditoriale
Unité de travailL’album entier : personnages, palette, chemin de fer et planches forment un seul ensemble.L’image unique, commandée pour un article, une couverture ou un dossier.
Durée du projetTrois à quatre mois, avec des jalons de validation espacés de plusieurs semaines.Dix jours ouvrés, soixante-douze heures en urgence selon le planning.
Lecteur viséUn enfant d’une tranche d’âge précise, et l’adulte prescripteur qui achète.Un lecteur adulte déjà installé dans le journal ou dans la collection.
RémunérationÀ-valoir sur droits d’auteur ou forfait, cession longue et droits dérivés.Forfait à l’image, droit d’usage nommé par support, territoire et durée.

Une seule main sur tout l’album ou des images assemblées

Pour une fiche isolée, une image prise au catalogue fait l’affaire. Un album ne s’assemble pas : le même personnage doit se reconnaître page après page, changer d’angle, garder ses proportions et son âge.

Cinq erreurs qui font refaire des planches

  1. Attaquer les planches sur un découpage encore mouvant

    Reprendre une double page en couleur coûte une journée, redessiner une vignette de chemin de fer dix minutes. Tant que le découpage bouge, aucune planche finale ne démarre.

  2. Laisser l’action tomber dans la gouttière

    Sur un album cousu ou collé, le pli avale un à deux centimètres au centre. Un visage, une main tendue ou un mot placés là disparaissent une fois le livre relié.

  3. Fixer la tranche d’âge en dernier

    Un album pour les 3 à 5 ans et un roman pour les 8 à 12 ans n’ont ni la même densité ni le même cadrage. Trancher après les crayonnés oblige à tout reprendre.

  4. Dessiner l’album qui ressemble au rayon

    Copier le succès du moment, c’est disparaître à côté de lui en librairie. L’analyse des albums voisins sert à repérer les recettes qui reviennent, personnages lissés ou décors interchangeables, pour construire autre chose.

  5. Dessiner pour l’enfant en oubliant le prescripteur

    L’enfant tourne les pages, mais c’est un adulte qui achète. Le titre doit rester lisible en vitrine, la couverture annoncer la tranche d’âge, le dos se repérer sur une étagère.

Le vocabulaire de l’album illustré

Double page
Les deux pages visibles en même temps, livre ouvert. C’est l’unité réelle de composition d’un album : on ne dessine jamais une page seule.
Tourne de page
Le moment où l’enfant tourne la feuille. La double page suivante doit surprendre, répondre ou relancer, jamais répéter la précédente.
Feuille de personnage
Une planche de référence qui fige un personnage : proportions, visage sous plusieurs angles, expressions et couleurs, pour qu’il ne dérive pas.
Gouttière
L’espace central où les deux pages se rejoignent au pli. La reliure y cache une bande, plus large sur un album épais.
Récit secondaire
Une histoire que seules les images racontent, en marge du texte : un animal qui suit le héros, un détail qui change de page en page.
À-valoir sur droits d’auteur
L’avance versée à l’illustrateur avant la parution, puis déduite de sa part des ventes, sans remboursement si elles restent faibles. Aucun droit supplémentaire n’est versé tant qu’elle n’est pas couverte.

Les questions à régler avant de signer un album

Avant la première mise en couleur, sans exception. Je le livre en doubles pages, texte en place, et j’attends une validation écrite page par page. Ce qui bouge ensuite se paie en planches refaites.

Seulement pour ceux qui reviennent au moins trois fois. Un figurant vu une fois se dessine sur la planche. Un personnage récurrent a besoin d’une référence, sinon sa taille et son visage dérivent sur trente pages.

Les deux, à choisir avant les feuilles de personnages. Aquarelle et crayons de couleur, ceux de mes récits personnels, donnent des originaux et une matière douce. La couleur sous Photoshop garde des teintes vives et accepte des retouches tardives.

Beaucoup. Pour les 3 à 5 ans, je travaille en plans larges, peu d’éléments par image, silhouettes nettes. À partir de 8 ans, les décors se chargent et cachent des détails qui récompensent la relecture.

Je réserve une zone neutre de part et d’autre du pli dès le chemin de fer, et j’en vérifie la largeur exacte sur le gabarit de l’imprimeur.

Pérégrination, un projet personnel où des canetons rejoignent une jeune fille dont un livre cache le visage, dans un cadre bleu complémentaire de l’orange. Pour une série qui se suit, regardez Lino Borsa : mises bout à bout, les pochettes de ses singles forment un seul récit.

Oui, dès les feuilles de personnages plutôt qu’en correction : âges, silhouettes et couleurs de peau se décident avec l’éditeur. Sur Festival Soleillades, un projet fictif, j’ai dessiné l’affiche d’un festival imaginaire et sa foule inclusive, sur le thème « danser ensemble, vivre ensemble ».

Les deux, selon l’interlocuteur. En édition jeunesse, l’usage reste un à-valoir sur un pourcentage des ventes, versé en plusieurs échéances. Un musée, une collectivité ou une marque passent par un forfait.

Ce qui me pousse vers le récit jeunesse

Mes commandes sont surtout des affiches, des pochettes et des identités, mais j’y glisse volontiers une histoire, comme la poignée de main au cœur de La Marcillaise. Pérégrination, mon projet personnel en aquarelle et crayons de couleur, va plus loin : l’image mène plusieurs récits de front, comme une double page qu’un enfant relit.

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